lundi 27 février 2012

Galerie d'Art de la Grée, par Lucienne-Grâce Georges


La télévision qui est une fenêtre ouverte sur le monde nous offre trop souvent qu'un parfum d'aventure.
Message Politico-Culturel, les informations qui circulent , les évènements qui se succèdent à une allure vertigineuse, nous confrontent par le truchement de la publicité à des réalités surfaites, des réalités qui nous retiennent bien malgré nous prisonniers des fantasmes du monde moderne.
Livrés à l'austérité du moment, nous nous laissons facilement accaparer par des préoccupations qui , sentimentalement parlant, nous font perdre de vue l'essentiel, je veux parler des choses simples.
La Culture, puisqu'il s'agit bien d'elle, se montre sous tous ses aspects. Pudique ou trop souvent outrancière, elle n'échappe pas à un certain snobisme. L'argent, toujours l'argent, qui fait , on le sait , la pluie ou le beau temps. On oublie alors dans tout ça d'être soi-même. On subit malgré soi l'influence des médias. On s'éloigne aussi de la tradition pour ne se préoccuper que des questions d'ordre matériel ou superficiel.
Familiarisés au langage des couleurs, toujours en quête de la beauté, nous avons voulu, les artistes et moi-même, prendre un certain recul pour mieux observer ce phénomène. Cette façon de procéder nous a permis de mieux comprendre à quel point l'Art est indispensable au bonheur de tous les jours.
Notre but étant de privilégier la réflexion par une facilité d'approche, nous avons voulu tenter une nouvelle expérience. Par nos conseils, mais plus encore par la qualités des oeuvres que nous présentons, nous pouvons témoigner d'un clientèle qui nous est attachée.
Nos artistes qui ont pour nom : Geneviève COUTEAU - Pierre LALLART – L.ICART-VERNET – Edith GUERET – TRAN-YUT – Annick RENAULT – Sylvain LOISANT – DINH-THO – David GRAUX – J.Paul PRIVET – Léonard JAUNET, donnent à cette exposition un relief particulier. Fait assez rare, pourront être appréciés dans un même Salon : des huiles , des dessins, des gouaches, des bois, des soies, des aquarelles , des pastels, de superbes laques, et dans cet univers, que l'on doit au style très personnalisé de chacun, l'inspiration poétique est servie apr la technique rigoureuses de l'écriture d' Yvonne JARNOUX (Atelier du Clion-sur-Mer).

Lucienne-Grâce GEORGES



Lucienne-Grâce Georges et Jean-Paul Mestas, les deux poètes ensemble.



Blida ma bien aimée, par Lucienne-Grâce Georges


Un nouvel Incognita, consacré à Lucienne-Grâce Georges. De la première à la dernière rose.


Les éditions du Petit Véhicule continuent avec les moyens du bord mais la volonté intacte d'éditer des revues afin de donner voix au chant profond des poètes. Ce numéro est consacré à Lucienne Grâce Georges. Nous vous invitons à partager l'émotion et la rencontre que nous avons vécue avec ce beau poète qui a consacré sa vie à la défense de ce chant. En vous remerciant. Et nous en profitons pour remercier les différents collaborateurs de cette revue : en particulier Jean-Paul Mestas, Jean-Claude Albert Coiffard, Catherine Girard-Augry, Geneviève Couteau, Yves Cosson, Jeanine Le Deley Saint-Aignan, Vital Heurtebize, Paul Bellat, Patrick Marcadet, Thierry Sajat, Pierre Blondel et Louis Amouriq.

Luc Vidal

mercredi 22 février 2012

Y'a de la joie ! par Pascale Arguedas



« Le réel nous sert à fabriquer
tant bien que mal un peu d’idéal. 
C’est peut-être sa plus grande utilité. »

Anatole France, Le Jardin d’Epicure

     Aujourd’hui, la résistance s’organise autour d’enjeux financiers. Papier et numérique, droits d’auteur et devoirs d’éditeur. Les acheteurs et les petites maisons, plus qu’avant en ce temps de crise qui dure, regardent eux aussi à deux fois la dépense et la prise de risque, ils ne peuvent plus suivre, une évidence. Mais ce qui se joue aujourd’hui est d’un autre ordre, bien plus profond et important. Une question vitale et pourtant absente du discours se pose : Pourquoi la première motivation des gens de lettres n’est pas de faire lire plutôt qu’écrire ? On compte beaucoup d’ateliers d’écriture même si le marché éditorial saturé est proche de l’implosion. Les bons ateliers existent — ceux où l’on (ré)apprend à lire en écrivant, sans chercher à tout prix l’édition — mais ils sont rares puisqu’il y a toujours trop peu de gens qui lisent, qu’ils soient emprunteurs ou acheteurs, sur quelque support que ce soit. On constate une pléthore éditoriale et une pénurie de lecteurs, mais peu agissent pour que la balance s’équilibre. Si l’on ne favorise pas la lecture, et ce dès le plus jeune âge, tout le système s’effondrera, ce qu’il est d’ailleurs en train de faire, lentement. Chaque jour de nouvelles maisons naissent pendant que d’anciennes, plus nombreuses et souvent remarquables, meurent, en un cycle régulier, quasi naturel, déchirant. Le marché n’est pas à la croissance, il y a plus d’offre que de demande, la tendance s’inverse, il existe probablement plus d'écrivants que de lisants.
     Depuis cinq ans je croise des lecteurs anonymes dans le cadre d’animations littéraires publiques et nous sommes très heureux. La qualité des textes présentés y est pour beaucoup, et plus elle sera présente, plus les gens auront envie de lire. Je le constate à chaque animation : les lecteurs deviennent de plus en plus exigeants et demandeurs au fil des échanges et du temps. Nous sommes sur une pente ascendante, d’envie, de lectures. Nous partageons des moments merveilleux de convivialité et de littérature. Nous vivons apparemment à contrecourant du cynisme ambiant, du papotage des mégères de l’amer. Et une constante demeure : une majorité écrasante de lecteurs est féminine et souvent âgée. Est-elle représentative du lectorat français ? Oui. Encore une belle parité ! Les organisateurs de ces rencontres en bibliothèques, médiathèques et associations de lecteurs, qui visent à fédérer de nouveaux cercles, me confient leur crainte de voir la lecture s’éteindre avec eux. La relève n’est plus assurée. Hélas, on oublie trop souvent de considérer, alors qu’ils s’attèlent au fond du problème, tous ces gens de l'ombre qui maintiennent tant bien que mal une pérennité. Grands lecteurs curieux, altruistes et discrets, ils donnent simplement le goût de la lecture aux lecteurs d’aujourd’hui et à ceux de demain. C’est grâce à eux que j’ai commencé à lire, lis et lirai peut-être. Cessons également de ne pas reconnaître le mérite des acteurs de l’univers jeunesse qui font un superbe travail dans les écoles et ces établissements. C’est aussi pour la littérature adulte qu’ils œuvrent, mine de rien.
     Aujourd’hui, la tendance matérialiste s’est donc imposée partout, y compris dans la culture. Une réelle débauche d’énergie et de moyens financiers est dépensée dans un but unique : produire, vendre, survivre. L’exploitation est reine, tout comme la quantité préférée à la variété et à l’exigence. Chacun cherche à sauver sa peau sans une pensée globalisante. Quand, les vraies questions seront-elles posées par les politiques pour une refonte du système, saine et plus égalitaire, y compris par les acteurs eux-mêmes, pour qu’il y ait moins d’amertume, de rancœur, de souffrance, d’injustice ? Quand les questions communautaires de base prendront-elles le pas sur le profit, le commerce, la reconnaissance individuelle ? Et si nous donnions d'abord et surtout envie de lire et d’écrire en facilitant l’accès à la lecture pour tous, en privilégiant le passage des textes, en créant des passerelles entre livres, lecteurs et écrivains, en se comportant en adulte responsable et joyeux, et non en autruche plumée, cynique et déprimante. Et si l'on créait, pour être dans le vent, un nouveau prix littéraire : le Grand Prix Solaire du Lecteur. Imaginez une seconde que vous ayez un GPS-L dans votre moteur pour vous aider à trouver votre chemin dans la forêt des livres...! Trêve de plaisanterie, Jean Guitton nous l'a déjà dit : Les gens dans le vent ont un destin de feuilles mortes. La lecture est avant tout une belle aventure humaine car elle est ouverture, curiosité et plaisir de partage. Merci à tous ceux qui participent à mon bonheur en me permettant de continuer mon travail passionnant de passeuse. Y’a de la joie dans nos rencontres, si vous saviez…!

Pascale Arguedas,  février 2011

Le petit véhicule a édité de Pascale Arguedas Conversations ou la libre Parole, rencontre avec 17 écrivains -en 2 tomes- (voir sur notre blog)