Gilbert Conan, édité par nos éditions expose ses oeuvres en août 2011 en compagnie du sculpteur Jules Leblanc à Barfleur. À cette occasion nous publions son troisième livre, Signalements d'une présence où l'on découvre l'alliance du poète et du peintre. Il a notamment exposé à Paris, Londres, Lahore, Karachi, Rosario, Cordoba, Lagos, Deauville, Épernay, Toulon...
Préface
Gilbert Conan ne voit pas les
couleurs, il les touche, les palpe, les saisit avec les mots du poète
« en attendant que les lignes de vie surgissent des fissures des
mots ». Le peintre-poète trace ses chemins rêvés entre mot et trait. Un amoureuse
jalouse tendrement l’incite à continuer à peindre, à se laisser aller aux
confidences du silence et de l’absence. Gilbert Conan dans ce texte dit la joie
teintée de mélancolie, à peine retenue d’être dans l’attente de voir naître
l’amour souhaité. Se concentrer sur l’œuvre à venir comblera le doute de n’être
pas aimé. « À la tombée de la nuit quelque chose de
lumineux derrière de la porte de l’attente. Naît déjà un nouveau
tableau ».
Gilbert demande à la vie, aux
instantanés du présent, aux choses vues, à ses voyages, aux chemins des heures,
aux bienfaits du crépuscule de le mettre en appétit de créer ses tableaux.
«Souvenirs soudains des cerfs-volants de Lahore dans un ciel orangé, les
pancartes à peine fixé contre les façades de la vieille ville, les bannières
multicolores cognant contre les briques ocres rougeoyantes». Demander à
la nuit le bon conseil et attendre que les formes s’imposent. Être aux aguets
de ce que l’atelier offre dans les allées du silence pour capter les
rumeurs, « source de lumière au loin » au fond de la toile. La
récompense du poète, c’est quand le peintre voit sur son tableau cette
« nouvelle couleur bleutée, familière » s’étaler « sur un
manteau aux gris bruns d’archives ».
Ce que tente Gilbert Conan
dans cet écrit, c’est de situer l’homme-peintre dans l’atelier,ventre et source
créatrice, de définir le rôle d’un tableau dans sa vie (« Tableau
refuge, bienheureuse pause dans l’atelier»),de fixer le secret de ce
tableau avec les mots du poète uniquement, de traduire un art de peindre qui
serait la somme de sensations éprouvées et des mémoires fugitives de l’instant.
Au spectateur de s’arranger avec cela.
« Des mots de
passe » écrit-il. Des couleurs de passe aussi qui passent, vagabondes dans
la vie du peintre. L’auteur dit qu’il est étranger à lui-même. Et pourtant, j’ai
la sensation d’une réalité différente, voir différente sinon opposée. Les mots
de ce livre Signalements d’une présence sont les écrits de l’attente , le journal d’une histoire d’amour qui se
relate par le biais de SMS. Ils sont à la mesure des inquiétudes et des joies du
peintre. C’est l’atelier qui donnera les réponses. De nouvelles géographies de
couleurs naîtront. De nouvelles idées de technique et de mélange apparaîtront.
Ainsi mélanger l’huile de lin aux
sables de déserts parcourus. Ainsi l’atelier sera la maison de toutes les
renaissances et de tous les apaisements.
Luc Vidal
Gouache de Gilbert Conan
Acrylique de Gilbert Conan


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